Vu et entendu… à la médiathèque de Gaillac

La médiathèque, en voilà un lieu convivial, idéal pour partager un moment complice avec ses enfants autour d’un bon jeu de société!

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Alors mesdames, qui veut faire un petit Mille Bornes?

Tout semble aller pour le mieux en ce mardi après-midi d’avril. Je suis confortablement installé sur un siège pour enfants depuis une bonne heure, le dos voûté sur une table basse, à tenter de finir une interminable partie de « Où est Charlie? » avec ma fille.

Autour de nous, les gens vont et viennent, cherchent livres et DVD, le tout dans la bonne humeur. Sauf qu’à un moment, arrivent une dame et ses deux fils. Je sais pas ce qui s’est passé avant, mais elle a l’air un brin tendu. Y’a un de ses mioches qui semble particulièrement l’agacer, un petit histrion de 4-5 ans. Au début, elle lui assène sèchement: « Tu regardes le poteau et tu bouges plus! » Ce n’était que le tour de chauffe. Elle enchaîne quelques minutes plus tard avec une triple menace de baffe dans la gueule. L’animal ne se calme pas. Il joue par terre, en silence et c’est sale par terre. La douce maman prévient: « la prochaine fois, tu sors sans pantalon ». Elle conclue par une annonce collective: « je pars sans vous, j’en ai marre ».

Tout ça en 10 minutes à peine…

Et vous les mamm’s, Comment auriez-vous réagi? Les trois premiers commentaires gagnent un atelier Fablish et Mazler!

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4 réflexions sur “Vu et entendu… à la médiathèque de Gaillac

  1. Être témoin d’une scène de violence éducative…
    L’occasion de voir un enfant vulnérable qui reçoit des messages inconsistants… de percevoir l’injustice de cette situation où l’enfant est face à la démesure émotionnelle… L’occasion d’ouvrir son coeur à la vulnérabilité… de voir comment ces messages peuvent être déstabilisants et bouleversants…

    L’occasion aussi d’ouvrir son coeur à une autre vulnérabilité… Cette maman fragile à bout… qui ne trouve plus d’autres mots, d’autres voies, pour faire face à une situation où elle est sous stress…

    Quand je vois des mamans à bout de nerf… je me sens triste et solidaire… Oui, moi aussi j’ai « pété des plombs », dans la plus grande incohérence… disant ce que je voulais pourtant ne jamais dire, exigeant de mes enfants qu’ils répondent à ma volonté, incapable d’entendre un mot, un cri, une dispute, de plus… Dans mon horreur des conflits et des cris… je passe du côté violent…

    Si l’idée de non-violence éducative nous amène à dire « eux »… les parents violents… le jugement est là… et la solidarité n’est pas. Tous les parents ne portent pas la même charge émotionnelle dans la relation avec leurs enfants… En plus du stress liés à leurs choix de vie, la constellation des énergies portées pas les parent et les enfants, et la rencontre des deux… le bagage transgénérationnel de chacun… il y a parfois des sacs à dos qui sont lourds à porter… Comparer les sacs à dos? Juger le trop-plein qui déborde comme puant et dégoutant? Moraliser cette mère qui apparemment n’est pas du côté des « non-violents »?

    Cette maman, moi peut-être un jour, j’espère qu’elle trouvera des ressources dans une communauté aimante et bienveillante… une communauté humaine où l’affectivité est au centre… Une humanité où le jugement fait place à la compassion.

    Notre société est loin d’être cette communauté humaine… Loin de créer le lien, la société attise frustrations et comparaisons.

    Alors… moi… je sais que je n’aurais pas réagi… j’aurais observé la scène avec un certain malaise… J’aurais écouté avec attention… choquée par la charge agressive dans les mots… figée, je n’aurais pas bougé… je me serais sentie loin… et si proche! Je n’aurais rien dis… rien fait… Je me serais juste dit : « c’est injuste de traiter des enfants de cette façon… regarde l’enfant, comme il est blessé dans son intégrité… regarde-le pour pouvoir le voir dans les yeux de tes enfants la prochaine fois que tu élèveras la voix… » mais aussi… « c’est dur d’être une maman, dépassée par ses frustrations, avec l’impression que ses émotions et ses réactions… sa vie lui échappe… ». Je me serais sentie séparée et reliée…

    Peut-on être non violent si on est plein de jugement? Le jugement n’est-il la violence première que l’on reçoit… Ne pas être vu, entendu, reçu telle que l’on est avec toutes nos émotions, réactions, agitations… aussi incohérentes soient-elles, n’est pas là le creuset de toutes les blessures… que l’on soit petit ou grand?

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    • J’ai surtout vu chez cette personne non pas un « pétage de plomb » mais une situation banale de domination adulte: il est très probable que cette personne s’adresse tout le temps comme ça a ses enfants, parce que c’est comme ça qu’il faut les éduquer. Je ne suis pas vraiment dans le jugement mais dans le témoignage, certes tourné avec ironie.

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  2. Je pense que j’aurai été très mal à l’aise… Parce que d’un côté j’aurai eu envie d’intervenir mais de l’autre je n’ose pas encore franchir le cap… En général dans ces moments là si je le peux, j’essaie d’aller vers l’enfant pour lui proposer de jouer avec nous ou j’essaie un regard « compatissant » pour la maman en me disant que peut etre elle voudrait se confier et que je pourrais planter 2/3 graines au passage… 🙂 Et toi Laurence ?

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    • ah ce n’est pas laurence qui a écrit l’article 🙂 mais la question de la réaction dans ce genre de situations est très délicate. catherine dumonteil-kremer enjoint tout le monde à aller vers le parent en difficulté, dire « vous avez besoin d’aide? », être empathique… mais gros risque que ce soit mal perçu, comme une intrusion, un jugement sur l’éducation donnée…

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